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Prolouge
Le moment laurénien
Le premies 10 ans
Les 10 années suivantes
Les années d'apprentissage
Beam me up, Amy……
Les Family Television Awards 2001
"Je travaille, donc je suis..."
Quo vadis Lauren?
   
“ «Nous pouvons nous comprendre les uns les autres, mais chacun n’est défini que par lui-même ". (Hermann Hesse, „Demian“)  
     
  Elles sont si nombreuses! Comme les grains de sable d’une plage, elles ont l’éclat du diamant dont l’unicité se perd dans la foule. Les actrices de séries télévisées américaines. Qui se rappelle leur visage? Qui se souvient de leur nom? Elles sont jeunes, charmantes, sexy, parfois modestement talentueuses. Elles grandissent avec le succès de la série et peut-être deviendront-elles des stars. Peut-être aussi qu’elles s’éteindront dans la nuit, comme une étoile filante, aussi vite qu’elles sont apparues?

Les séries télévisées naissent et disparaissent, certaines goûteront au succès. Le secret du succès? Personne ne le connaît. Parfois ce n’est qu’une question de temps, mais le temps dans cette industrie est un luxe que peu peuvent se vanter d’avoir. Ainsi, les séries vont et viennent et leurs actrices avec, même si, l’espace d’un instant, certaines d'entre elles auront réussi à toucher quelques âmes ou à inspirer la joie par leur simple présence.

Derrière chacune de ces actrices se cache une femme unique et particulière dont l’histoire mérite d’être racontée. Bien qu'elles puissent paraître extraordinaires, elles ne sont avant tout que des êtres humains, comme vous et moi, affichant une allure plus ou moins fantaisiste au gré de leur célébrité.

Mais éventuellement, quelque chose retient notre attention, attise notre curiosité et nous pousse à explorer, à aller voire derrière les coulisses. Les médias sont comme un filtre, nous laissant voir que ce qu’ils veulent, embellissant ou tordant la réalité à leur guise. Qui sait ce qu’untel a réellement voulu dire en telle occasion? Je l’ignore aussi et je dois faire face à ce problème lorsque je cueille les informations pour reconstituer les faits. Je ne connais pas Lauren personnellement, je ne connais même personne qui la connaisse. Mes seules ressources: Internet, les entrevues, les articles et les talk-shows, où je retrouve une professionnelle, jouant avec le public et l’animateur, les utilisant à ses fins, pleine de charme, se présentant comme étant Lauren Graham .

Pour raconter son histoire, il faut commencer au début, à la naissance, puis se faufiler à travers une enfance comme beaucoup d’autres, mais qui a laissé son empreinte particulière et qui a peut-être fait de Lauren la femme que nous croyons voir aujourd’hui. Je voudrais raconter l’histoire vraie d’une personne unique et vive, derrière les traits de laquelle se cache un esprit des plus créatifs.
 
   
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  Le moment laurénien ..."  
     
  Ses yeux scintillent fiévreusement. Elle se retient à peine. Et soudain, comme à la venue d’un front orageux, se déchaîne une véritable tirade, une tempête de phrases. Les mots jaillissent et frappent dans le mille, tandis que ses bras tourbillonnent furieusement. Il serait imprudent de la contrecarrer. Les étincelles volent et nous enflamment. L'incendie nous emporte et l’on s’y abandonne avec plaisir.

Lorelai Gilmore n'est pas un caractère évident. Elle est incalculable, capricieuse, toujours sur la brèche, d’une certaine façon chaotique. Et pourtant, il est rare que d’une personne émane un chaos aussi adorable.

Lorelai Gilmore: est-elle Lauren Graham ou si – inversement – c’est Lauren Graham qui est Lorelai Gilmore? La distinction entre les deux n'est pas tout à fait claire même pour ses collègues. Probablement, cette fine différence est-elle insaisissable. Cette union entre l'individu et le protagoniste est presque parfaite. Les producteurs de la Warner Bros. se doutaient-ils seulement, lors du casting de Lauren en 2000, que cette chimie entre l’actrice et son personnage serait en grande partie responsable du succès de la série!

Et Lauren? Pouvait-elle prévoir qu’après tant d'apparitions mineures cette série lui donnerait enfin la possibilité de percer? Ses parents, Donna Grant et Lawrence Graham, avaient-ils la moindre idée lorsqu’elle vint au monde de ce qu’elle connaîtrait un jour? S’ils avaient su, ils auraient sans doute mis du café dans le biberon de la petite Lauren, parce que c'est en forgeant qu'on devient forgeron.
 
   
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  Le premiers 10 ans  
     
  Lauren Helen Graham naît le 16 mars 1967 à Honolulu, Hawaii, un jour avant la fête irlandaise de la Saint Patrick.

Pour l’enfant d'une famille catholique irlandaise aux forts sentiments patriotiques, le timing était imbattable.

 
 
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The La jeune famille passa les premières années sur cette île du pacifique septentrionale où Lawrence y avait du travail. Puis les Graham déménagèrent en Virginie et leur mariage se détériora peu à peu jusqu’au divorce. Alors âgé de 28 ans, Lawrence fut brusquement confronté à une situation pour l’époque inhabituelle - il devint père monoparental d’une petite fille d’à peine cinq ans.

 
     
  Lawrence Graham naît en 1943 au sein d’une famille bourgeoise typique dans le village de Valley Stream au Long Island, NY. Il avait deux frères, sa mère s'occupait de la maison et son père était entraîneur sportif dans une école secondaire. Un jeune homme ambitieux, Lawrence compléta des études de droits dans les meilleures universités du pays et devint avocat. Une carrière très prometteuse se dessinait devant lui.

Mais Donna, de plus en plus rongée par le sentiment d’être trop jeune pour se cantonner dans son rôle de mère au foyer. Ils s’étaient mariés très tôt, peut-être trop tôt pour abandonner leurs rêves et oublier leurs propres ambitions.

Le divorce s’étant effectué sans grands remous, la situation financière avantageuse de Lawrence lui valut la garde de sa fille. Lui et Lauren vécurent dès lors dans leur propre petit univers.

Lawrence se croyait sans doute bien préparé pour la vie, il connaissait la loi, était lobbyiste pour l’industrie du textile, mais l'éducation d'une jeune fille, c’était s'aventurer en terrain vierge et dangereux. Il y naquit toutefois un dynamisme extraordinaire, une relation père-fille qui fonctionnait – selon des règles spéciales.

„Je savais que ma situation était inhabituelle, mais normalement j'étais très heureuse d'être éduquée par mon père. Bien que j'eu des règles strictes à respecter, mon enfance était beaucoup plus relaxante que celle des autres. Mon père était si anxieux d’échouer dans son rôle de père monoparental qu'il redoublait d’efforts. On a eu, chez-nous, les meilleures soirées pyjamas parce qu’il nous laissait seules. Mais le lendemain, il se levait assez tôt pour nous préparer des crêpes. La plupart des enfants trouvaient mon père drôle et «cool», et notre situation familiale me faisait sentir plus spéciale qu’étrange.“

Lorsqu’on l’écoute parler de son enfance, on peut entendre toute l’affection et l’admiration que Lauren a pour son père; même si elle n’hésite pas à traiter la maison de jadis de «piaule de vieux garçon :

“On avait un divan en cuir blanc dans le salon, pas deux pièces d’argenterie n’allaient ensemble et il n’y avait pas une chaise dont nous ne pouvions nous servir comme repose-pied ou partager avec le chien”.

Il semblerait que leur monde ait été fortement imprimé d’un certain pragmatisme masculin. Il n’y avait pas de mère pour décorer la maison, faire le souper ou coudre une robe pour la promenade du dimanche.

En contrepartie, elle avait un père qui lui lisait tous les soirs, de telle sorte qu'elle savait lire dès l'age de 4 ans et pu quitter la maternelle avant le temps. Elle avait un père qui emmenait sa fille au théâtre, au musée, même aux dîners d'affaires s'il ne trouvait pas de gardienne. Il était un père qui valorisait le respect, le franc-jeu et la discipline. Un homme qui l'encouragea à être curieuse, à ne pas suivre le troupeau et à apprécier ce qui faisait d’elle un être unique.


Lawrence n’était pas un père sévère. Il n'aimait ni crier, ni se mettre en colère. Pour Lauren, le plus dur était qu’il lui dise être déçu d’elle .
 
     
  Malgré l’absence d’une présence féminine constante, tantes et grand-mères étaient toujours là pour eux. Sporadiquement, la mère aussi assistait à la vie de Lauren. Les vendeuses des magasins l’aidaient à choisir ses vêtements et les enseignantes lui donnaient des conseils pour coiffer ses cheveux rebelles .

 
 
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Ces cheveux irlandais : sauvages, bouclés, indociles. À l’image de la patrie et de ses hommes .

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  Les frères de Lawrence avaient aussi des enfants. Les vacances passées en famille étaient pour Lauren une pause dans sa vie de fille unique. Lauren grandit presque comme un garçon. Elle n’hésitait pas à grimper aux arbres et à se chamailler. Seules ses tresses rappelaient qu'elle était une jeune fille. Et sa grande passion : Les chevaux  !

En Virginie, état notoire pour l’élevage de ses chevaux, l'amour envers cet animal est naturel. Bien que Lawrence y fût allergique, il ne se privait pas d’accompagner sa fille lors de ses sorties équestres, la regardant chevaucher les larmes aux yeux.

Elle aurait voulu être jockey, elle adorait galoper à un rythme effréné, mais sa taille, sans cesse croissante jusqu'au 1,76m actuel, l'empêcha de réaliser son rêve. Comme les autres enfants qui possèdent un ami imaginaire, elle possédait un cheval imaginaire appelé "Strawberry".

Je ne ressentais aucune inquiétude en présence des chevaux. D'une certaine manière, je fais un lien avec mon métier d'actrice. Depuis que j'ai six ans, je semble poursuivre quelque chose qui me fait peur. Que ce soit sur scène ou sur un cheval, il fallait faire face à la situation, vouloir se faire mettre au défi. Malgré de nombreuses chutes, ni les contusions, ni les fractures ne l’empêchaient d’aller toujours plus vite et de dépasser ses limites!

Pour citer Johann Wolfgang Von Goethe, un grand poète allemand :

„ C'est pareil à l'homme, qui ne se sent jamais plus libéré, plus élevé, plus privilégié dans son corps qu'à dos de cheval, où, en adroit cavalier, il soumet à sa volonté comme les siens propres, les membres puissants d'un animal si magnifique.“


Par ailleurs, Lauren se décrit comme une enfant plutôt calme et timide. Elle pouvait passer des heures entières dans sa chambre, assise sur le plancher, à inventer des jeux. Signe d’une âme créative et éveillée!
 
   
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  Les 10 années suivantes  
     
  Les années 80 : la culture populaire, les coiffures stylisées qui ressemblent presque à des œuvres d'art, une jeune fille, appelée Madonna, serpentant lascivement sur un bateau en chantant "Like a Virgin". Tchernobyl, l’enfer nucléaire. Et la Guerre froide entre les États-Unis et l'Union Soviétique, aussi omniprésente dans les journaux que dans la conscience collective où commencent à se dessiner les scénarios possibles d’une Troisième Guerre mondiale.

Qu’en pense alors l’étudiante de l’école secondaire Langley à Mclean? Ses films préférés, à l’époque, sont « Vendredi 13 » et « Halloween».

 
 
Bild vergrößern   Sur ses photos d’école, on peut voir une jeune fille aux taches de rousseur affichant un charmant sourire malgré son appareil dentaire. Elle est la plus grande de sa classe. Elle dépasse même les garçons. Ce n’est pas une reine de la beauté, mais elle n'a pas la langue dans sa poche ! L'humour est pour elle un moyen de déjouer son manque d’assurance.
 
     
  À l’école, Lauren fait partie d’une troupe de théâtre et on lui assigne souvent le rôle principal. Elle se souvient par exemple de la pièce musicale « Hello Dolly » où elle s’était égosillée sur scène, rongée par le trac.

Elle adore la lecture et lit beaucoup. Les livres sont pour elle un lieu de refuge et elle en traîne toujours au moins un avec elle pour tromper l’ennui.

Un père ne peut répondre à toutes les questions que peut se poser une adolescente, surtout celles qui touche la mode, les coiffures et le rouge à lèvre. Lawrence a du mal à comprendre ce qui pousse sa fille à s’enfermer des heures dans la salle de bains et n’apprécie pas toujours ses audacieuses sessions de maquillage. Lauren reste fidèle aux jeans, t-shirts et tennis. Mais voilà que s’opère inéluctablement un changement fondamental. Les choses dont on rigolait bien encore hier désormais prennent un ton plus sérieux ; la puberté frappe à la porte.

 
 
Bild bei Klick vergrößern   Lauren ne se considère pas jolie. Comme toutes les filles de son âge, elle traverse sa période "Je suis laide comme une grenouille !" Mais les grenouilles se transforment parfois en princesses... Même aujourd’hui, Lauren reste sceptique au sujet de sa beauté et répond avec ironie lorsqu’on y réfère. Elle décrit son visage comme « typique d’un fermier irlandais ».  
 
     
  En 1981, les choses changent chez les Graham. Lawrence se remarie et une femme partage enfin le foyer familial : Karen, qui connaît l'importance d’un bon choix de rouge à lèvres, sait qu’une coiffure doit être parfaite et qu’il existe d’autres outils que l’agrafeuse pour réparer un pantalon.

Lauren n’a que des belles paroles à l’égard de Karen. On est loin de ces vilaines belles-mères des contes de fées.

À 14 ans, après dix années de vie seule avec son père, l’enfant unique « qui n’a jamais appris à partager » devient grande soeur. Sa mère, Donna, a une autre petite fille, Shade, et Karen et Lawrence ont ensemble deux enfants : Maggie et Chris. Comment Lauren réagit-elle à sa nouvelle famille ? Bonheur ou jalousie.

En public, Lauren dit adorer la vie de famille. Heureuse d’entretenir de belles relations avec ses frères et sœurs, elle n’hésite pas à mentionner l’aide qu’ils lui apportent pour rendre son rôle de mère dans « Gilmore Girls » le plus crédible possible.

En tout cas, fausse alerte du côté de la psychologie du développement ! Pas de complexe d’Électre, pas de traumatisme apparent dû à l’absence, en bas âge, d’un modèle maternel. Qui plus est, cette jeune personne semble douée d’une imagination riche et d’un talent qui lui permet d'amuser les gens, même de les émouvoir.

Selon le psychanalyste C. G. Jung, les conflits intérieurs, qu’ils soient conscients ou inconscients, sont le foyer de la créativité des artistes, la source dont jaillissent leurs idées et leurs visions.

"En principe, il n y a pas de différence entre l’imagination de l'artiste et celle de l'homme ordinaire. Ce qui distingue l'artiste, c'est naturellement la richesse, l'originalité et la vivacité des produits de son imagination, mais surtout la force créatrice avec laquelle il sait donner forme à ses idées.”
 
   
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  Les années d'apprentissage  
     
  Lauren termine son secondaire en 1985 et décide de poursuivre ses études à New York. Elle s'inscrit à la faculté de musique et d'art dramatique de l’Université de New York, mais ne se sent pas tout à fait à sa place.

" Dans ma famille, une bonne formation académique est importance et c'est pourquoi le choix de l'université l’était aussi. Je me disais que je devrais lire plus de livres et m’instruire avant de me rouler par terre comme un lion".

Elle change donc pour le collège Barnard, à Manhattan, affilié à l’Université Columbia qui fait elle-même partie de l’Ivy League comme Yale et Harvard. Barnard a la particularité d’être réservé aux femmes. Elle s'inscrit en littérature américaine, choix avisé, les livres l’ayant toujours accompagnée.

New York! La ville qui ne dort jamais. La ville où célébrité et oubli vont main dans la main, où le rêve est si souvent synonyme de désillusion. Nombreux sont les jeunes qui y tentent leur chance, les écoles d'art dramatique en sont pleines. Mais combien d’entre eux, condamnés à l’échec, finissent serveurs dans un casse-croûte ? New York, jungle multiculturelle où tout est possible, où les limites n’existent pas, mais où chaque jour est un combat.

Lauren n’est pas à l’abri. Il lui arrive même parfois de manquer d’argent pour prendre le métro.

Pourquoi ne bénéficie-t-elle pas du soutien financier de ses parents? Peut-être son père pense-t-il que si l’on désire suffisamment quelque chose, dans la vie, il faut savoir se battre pour l’obtenir. Que les cadeaux ne tombe pas du ciel. Lauren obtient son baccalauréat et joue occasionnellement dans une troupe de théâtre privée.

Ironie du sort: son premier contrat payant est une production vidéo contre la grossesse chez les adolescentes. Clin d’œil de son futur avec Lorelai!

Mais Lauren n’a toujours pas d’agent, et sans agent une actrice n’est rien, elle n’a ni contrat ni carrière. Ce n’est pas qu’une question de talent, le spectacle est une industrie.

Elle court donc d’un emploi à l’autre. Elle est serveuse, préposée dans une bibliothèque et même vendeuse chez «Barneys».

"Pour travailler chez Barneys, je n’avais pas de vêtements adéquats. Mais les autres étaient très gentils et m'ont prêté ce qu’il fallait".

Lauren traverse une sérieuse période de frustration. Aucune lueur d'espoir à l’horizon. Pas d’agent, pas de rôle, pas d’argent. Elle décide de retourner à l’école. Elle part pour le Texas où elle s’inscrit à la Southern Methodist University de Dallas.

La réputation de cette université dans le domaine de l’art dramatique n'est plus à faire. On y offre même des séances de casting spéciales, à la fin des études, les «Showcases», auxquelles assistent des agents venus pour recruter de nouveaux talents.

Lauren passe trois ans à la Southern Methodist University, obtient son diplôme en 1992 et participe aux «Showcases». Elle a maintenant un baccalauréat en littérature, une maîtrise en art dramatique et finalement, un agent. La gloire est proche.
 
     
 
  Mais vint d’abord le fauteuil. Pas celui du psy ni du metteur en scène, mais le canapé de sa tante, à Long Beach, à 20 kilomètres à peine de Los Angeles. Un endroit certes peu confortable pour dormir, mais c’est tout ce qu’elle peut se permettre. Lauren gagne un peu d'argent en faisant de la pub pour des produits ménagers et se fait même engagée pour incarner « Striker » aux Championnats du monde de soccer de 1994.
 
     
  L’anecdote vaut d’ailleurs la peine d'être racontée ‘ .

L'agent de Lauren l'appelle un jour et lui demande quelle est sa taille. Lauren, plutôt fière de son 1,76m, entend son agent qui lui répond: «Génial, le costume te fait.». En arrivant sur les lieux, où on l’avait engagée pour sa taille, Lauren saisie alors la vraie nature du travail. «Striker» était une lourde mascotte de peluche collante en forme de chien avec une gigantesque tête. Elle partageait le costume avec une autre fille et «Dieu qu’elle transpirait!
Mais à chaque photo prise avec ses fans, elle sourit néanmoins... sous son énorme tête de chien. Certaines carrières débutent dans l’ombre!
 
     
  La vie sur le canapé doit se terminer un jour, mais le futur de Lauren semble à peine plus réjouissant!

Avec Connie Britton, une collègue actrice, elle loue une maison à L.A. Elles n’ont pratiquement aucun mobilier, pas même une poêle. Les invités doivent apporter leur chaise s’ils ne veulent pas s’asseoir par terre ! De vraies conditions spartiates.

Nous sommes en 1995. Lauren obtient son premier rôle majeur dans la série "Caroline in the City". On lui confie le personnage de "Shelly", une femme d’une impressionnante simplicité avec la voix de Minnie Mouse. Ce n’est pas un rôle à grand développement, mais un rôle tout de même.

Malheureusement, les cotes d’écoute ne sont pas au rendez-vous et durant les cinq prochaines années, Lauren fera de brèves apparitions dans différentes séries, mais aucune ne fait long feu. Elle commence à avoir mauvaise réputation. Certains disent même à la blague que pour mettre fin à une série, il suffit d’engager Lauren Graham. Ce stigmate l’affecte beaucoup et il lui faudra longtemps pour s’en remettre.
 
   
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  Beam me up, Amy…….  
     
  Le 16 mars (!) 2000, à New York, les producteurs et régisseurs de distribution de la nouvelle émission de la WB, «Gilmore Girls», sont sur les nerfs. Combien d'actrices ont-ils déjà passé en audition ? Aucune ne peut jouer la mère sexy et pleine d’esprit qu’ils ont en tête. On cherche une femme charmante, un brin ironique, qui puisse rendre de manière convaincante les dialogues riches en nuances. Elle doit être jeune, mais pas trop, sexy sans être une Pin-up. Dans cette classe d'âge les actrices sont légion, mais celles qui ont déjà auditionné ne sont pas convaincantes. Une semaine avant le tournage de l’émission pilote, tout est en place sauf le premier rôle. C’est la catastrophe!

Jusqu’à ce que Lauren Graham arrive sur le plateau!

„On a tout de suite su que c’était elle" raconte la productrice et auteur de l’émission, Amy Sherman-Palladino.

Amy Sherman-Palladino, née en 1966, n’est pas une femme conventionnelle. Sa mère aurait voulu qu’elle devienne danseuse, mais après le secondaire, Amy se joint à une grandissante troupe d’improvisation de Los Angeles, «The Groundlings», puis travail quatre ans comme scénariste pour la populaire télésérie «Roseanne». Elle est mariée à Daniel Palladino, coauteur de la série Gilmore Girls .

Mais comment cette dernière est-elle venue au monde? Lors d’une visite aux studios de la Warner Bros. pour discuter de différents projets, Amy évoque à tout hasard l’idée d'une émission à propos d’une relation mère-fille qui serait plus amicale que parentale. La Warner Bros. aime son idée et Amy se retrouve soudainement avec une nouvelle série sur les bras .

À propos de la série:

Lorelai Gilmore vient d'une famille riche et conservatrice, elle tombe accidentellement enceinte à 16 ans et quitte la maison pour élever sa fille Rory toute seule. Sa relation avec ses parents s’en trouve envenimée, ceux-là ne pouvant accepter son mode de vie marginal. Leurs divergences de vues et d'opinions donnent lieu à de perpétuels conflits qui constituent l’assise de la série.

À l’opposé, le rapport entre Lorelai et Rory est construit autour d’une compréhension mutuelle et d’une complicité telles celles qu’entretiendraient deux sœurs ou deux meilleures amies.

L’histoire se déroule à Stars Hollow, une petite ville fictive du Connecticut peuplée de personnages attachants, tous un peu excentriques. Une ville à l’atmosphère chaleureuse et accueillante qu’on croirait imperméable au mal.

L’émission pilote est produite à Toronto, au Canada, mais la série est ensuite tournée sur les terrains de la Warner Brothers à Burbank en Californie.

Alexis Bledel joue Rory, dont le calme et le pragmatisme contrastent avec le caractère plus spontané et tête en l’air de Lorelai. Rory a 16 ans au début de la série, c’est une enfant que tout le monde apprécie. Elle est brillante, débrouillarde, intelligente, une élève exemplaire. Elle déteste le sport, mais adore la lecture et s'intéresse à la musique avec son amie Lane. Rory et sa mère adorent passer une soirée devant la télévision à regarder des films et manger du «junk food». Elles se sont bâti leur propre petit Coin du monde à Stars Hollow.
 
 
Bild bei Klick vergrößern   Alexis, née en 1981, est comme Lauren un coup de chance pour la série. Elle a de grands yeux bleus et un joli visage qui rappelle celui de la jeune Audrey Hepburn (comme se plait d’ailleurs à le faire remarquer son collègue Edward Herrman, qui joue son grand-père). Bien que n’ayant aucune expérience comme comédienne, Alexis obtient tout de suite le rôle. Son authenticité, son charme et sa naïveté conquièrent immédiatement les producteurs. Elle rayonne devant la caméra qui ne peut que l’aimer.   Bild bei Klick vergrößern
 
 
Mais ce qui captive l’auditoire, c’est la chimie naturelle entre la mère et la fille, entre Lauren et Alexis
 
     
  Elles jouent avec une légèreté naturelle malgré leur impressionnante charge de travail. Même pour un professionnel, faire naître à brûle pour point des rapports intimes et affectueux avec un inconnu n’est pas chose facile.

Les premières semaines étaient épuisantes. Il fallait faire la promotion de la série et être chaleureuse et sympathique sur demande. Sur le plateau de production tout presse et on travaille 16 heures par jour, 5 jours par semaine. Dans tout ce brouhaha: bonsoir l’intimité.

Au début des tournages, Alexis a 19 ans. Éloignée pour la première fois de la maison et de sa famille, qui lui manque beaucoup, elle fait maintenant face à un métier totalement inconnu.

„Pour elle, ça a eu l’effet d’une douche froide» raconte Lauren en interview. «Ça aurait été un choc pour n’importe qui, mais à son âge, c’était de la pure folie"!

Toutes les deux soulignent la bonne relation qu’elles entretiennent sur le plateau. Leur différence d’âge est la même qu’entre Lauren et sa demi-soeur.

Bien qu’elles travaillent si magnifiquement ensemble, elle sont paraît-il bien différentes dans la vie privée. Ce serait d’ailleurs là, selon Lauren, le secret de leur harmonie. Coïncidence ou fait des astres: leurs anniversaires sont exactement à six mois d’intervalle.

 
 
Bild bei Klick vergrößern   Mais laissons aux astrologues le soin d’analyser les constellations, de balancer la lune et le soleil, ce qui compte, c’est que cette relation mère-fille fonctionne et ait du succès.
 
     
  Gilmore Girls est une série qui sort de l'ordinaire. Tout d’abord, il y a l’épaisseur du script. La quantité «normale» de texte pour une émission d’une heure est d’environ 50 pages. Chaque semaine, les «Gilmore Girls» en lisent plus de 80 ! Ce qui signifie que les répliques doivent être dites beaucoup plus vite. Mais pour ajouter à la difficulté, les scènes sont jouées comme au théâtre, filmées d’un seul trait. Ainsi, la moindre erreur implique de recommencer la scène en entier et les acteurs doivent donc se maintenir constamment en parfait synchronisme. «C’est du boulot, beaucoup de boulot» explique Lauren. Les journées de tournage sont longues et exténuantes.

Outre la cadence effrénée des dialogues, la série s’appuie aussi sur le concept des «Gilmore-ismes», ces références culturelles aux mondes de la musique, du cinéma et de la littérature dont elle est truffée. Par exemple, Rory lira «Ulysse» de James Joyce ou l’on discutera, au souper du vendredi soir, de Prague et de Kafka, ou encore d’«En attendant Godot».

C’est un défi et un plaisir à la fois pour les téléspectateurs de mettre leurs connaissances à l’épreuve en tentant de saisir tout les «Gilmore-ismes». Car selon Amy Sherman-Palladino, l’auditoire est intelligent et aime qu’on le traite comme tel.

Un autre aspect incontournable des Gilmore Girls est, selon moi, son humour insurpassable. De la simple farce aux subtils jeux de mots, on y représente l’esprit comique dans toute sa variété.

Bien sûr, Gilmore Girls est aussi un instrument de marketing et le placement de produit n’y passe pas inaperçu. Des exemples? Rory reçoit un ordinateur Apple pour sa fête, on discute des avantages d’une Volvo comme voiture familiale, Toblerone est le seul vrai chocolat et Google est maintes fois mentionné comme un grand moteur de recherche ("Emily, je vais te googler"). Il est bien connu que ce type de publicité clandestine est le plus efficace, et dans ce cas-ci, on vise juste.

Le 5 octobre 2000, c’est le jour J ! On transmet la première des Gilmore Girls un jeudi soir à 20h, en même temps que la célèbre série «Friends». L’émission obtient néanmoins une cote d’écoute respectable : 4,6 millions de téléspectateurs.

But Lauren was truly convinced, at the end of December the show would be over, the competition is too tough. The critics loved the show. They claimed the clever and smart plot, paid tribute to the warm and caring mother-daughter-relationship. But the typical WB-audience, the main demographic is teenagers and young adults between 12 and 24 years of age.

Mais Lauren est convaincue qu’ils ne verront pas le nouvel an, la concurrence est trop forte. Selon la critique, Gilmore Girls est une émission intelligente dont la finesse du scénario rend hommage à la chaleureuse relation mère-fille. Mais l’auditoire de la WB est principalement constitué d’adolescents et de jeunes adultes entre 12 à 24 ans!

La question est la suivante: tomberont-ils sous le charme de cette fabuleuse équipe mère-fille? Et les plus vieux, y trouveront-ils aussi de l’intérêt, eux qui normalement ne penseraient pas à écouter une chaîne comme la WB? Car les Gilmore Girls, en fait une relation grand-mère-mère-fille, s’adressent aux trois générations”. La première saison attire un certain nombre de fans dévoués. Les cotes d’écoute se chiffrent alors à 3,5 millions. Dès la deuxième saison, ce nombre grimpe à 4,8 millions et aujourd’hui dans sa cinquième saison, elle compte près de 5,4 millions de téléspectateurs. Gilmore Girls est devenu le «hit» de la WB. L’émission est tout de même transférée du jeudi au mardi pour éviter trop de concurrence

Je pourrais continuer à parler des Gilmore Girls pendant des pages et des pages, mais je m’arrêterai ici. L’Internet regorge de sites et de forums de discussion sur Stars Hollow et ses personnages, leurs habits, leurs anecdotes et leurs histoires. La piqûre vient vite, donnez à l’émission sa chance, mais prenez garde! .
 
   
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  Les Family Television Awards 2001:  
     
  et dans la salle, on entend résonner :

 Ladies and gentlemen, Lauren Graham!

D’un pas résolu, Lauren grimpe les marches qui mènent sur la scène tandis qu'une volée d'applaudissements reconnaissants s'élève dans la salle. Vêtue d'un tailleur-pantalon clair, elle s’avance pour accueillir son prix, sourit timidement l’air presque nerveuse et fixe ses yeux sur la petite fiche qu'elle tient dans sa main, le temps d’un battement de cœur à peine et quelques remerciements, puis tout est fini, elle retourne s’asseoir.

Présage ou exception? Quelle importance a réellement ce genre de prix? Et oublions les Oscars!Lauren reçoit encore le «Family Television Award» en 2003 pour sa prestation d'une mère monoparentale dans une télésérie.

En 2002 elle est nominée pour un « Golden Globe », le plus important prix de la télévision américaine, mais repart malheureusement les mains vides.

 
   
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  " Je travaille, donc je suis ……"  
     
  C’est la réalité pure et dure: Des millions de citoyens doivent gagner leur vie à la sueur de leur front tous les jours, travailler de longues heures pour payer la maison, les factures et nourrir leur famille. Plusieurs mènent une vie stressante, se tuant pour un boulot qui ne leur procure souvent ni joie ni satisfaction. Mais il faut habiller les enfants et mettre le pain sur la table. Le ciel n’est pas toujours bleu.

Cela peut paraître grotesque d’entendre un acteur se plaindre du travail que représente la production d’une émission de télévision, 5 jours par semaine, 16 heures par jour: s’habiller, se faire maquiller, coiffer, sourire, le tournage, la promotion... pour retourner chez-soi, à la fin de la journée, vers le soleil couchant de la Californie dans sa Porsche cabriolet.

Mais chaque médaille a son revers, même si il est invisible à première vue. Tandis que nous, communs des mortels, pouvons sortir avec des amis, le soir après le travail, promener le chien en jogging ou aller à l’épicerie sans que personne n’y prête attention, des gens comme Lauren sont constamment exposés aux regards des autres, poursuivis par les paparazzi dès qu’ils mettent le pied dehors. Imaginez la situation: vous êtes au supermarché dans l’allée des produits hygiéniques, vous jetez un paquet de tampons dans votre panier lorsqu’un fan vous surprend par derrière et vous demande un autographe?”

Lauren est consciente de sa chance. Elle admet en interview que parler de «dur labeur» sur le plateau n’a pas la même signification que dans la vie normale. Elle n’as presque pas de temps pour ses amis, à cause des longues heures de travail, et elle a toujours voulu avoir un chien (souhait exhaussé: elle a maintenant un berger allemand qui s’appelle Hannah.

Ceux d’entre nous qui n’ont jamais goûté au vedettariat ont tendance à croire qu’avoir beaucoup d’argent et être connu vous réserve une place sous le soleil. Mais le prix à payer est peut-être plus cher qu’on ne le pense.

Lauren, en tout cas, regrette de ne pas avoir assez de temps pour sa famille et ses amis, pour s’engager dans de nouveaux projets et faire de nouvelles rencontres.

Une cérémonie de remise de prix n’est pas le meilleur endroit pour se faire de nouveaux amis ou entamer une relation.» Lauren est très discrète lorsqu’il est question de sa vie privée. Elle avoue avoir entretenue une longue relation avec quelqu'un, mais ils ont fini par se séparer. Le nom de Matthew Perry de la célèbre série Friends apparaît ici et là sur Internet, mais ce ne sont que des rumeurs.Le réseau de télévision américain VH-1 l’a classée parmi les 100 célibataires les plus sexy d’Hollywood”.

Quel est le compliment le plus flatteur qu'on puisse faire à une femme? et en même temps le pire péché qu’on puisse proposer à une jeune irlandaise catholique? Une apparition dans Playboy”.

 
 
Bild bei Klick vergrößern   La mère la plus sexy de la télévision n’est pas passée inaperçue aux yeux des rédacteurs de cette revue pour homme. Bien qu’elle admette s’être sentie flattée par la proposition, Lauren décline l’offre. Un coup de téléphone à son père, qui n’est pas très chaud à l’idée de voir sa fille nue dans un magazine, suffit à lui faire abandonner l’idée.
 
     
  En interview, elle parle de se faire tatouer ou percer. Mais l'instant d'après elle s'en moque elle-même, voyant la chose comme une tentative moins «cool» d'être plus «cool».

En 2003, Lauren élargie sa sphère d'activité et fonde sa propre compagnie de production, «Good Game Entertainment», en collaboration avec la Warner Bros. et son réseau de diffusion. Avec Sydnie Suskind, une scénariste reconnue, elles sont à la recherche d’histoires et de scénarios de films et de séries télévisées.

Un dirigeant de la WB commente cette alliance: «Son bon goût et son grand esprit d'entrepreneur la range définitivement parmi nos producteurs les plus prometteurs.» «Nous sommes profondément convaincus de son talent, autant devant que derrière la caméra."

Voilà peut-être un bon investissement; car la vie d’actrice est précaire.

Mais pour le moment il y a Gilmore Girls et il semble que ce ne soit pas fini! L’émission entamera bientôt sa 6 ième saison et la plupart des fans s’attendent à une 7 ième. Le sept est un chiffre chanceux dans le monde la télévision, une série qui survie sept saisons est incontestablement un succès.

Encore une fois, je pourrais m’éterniser sur cette émission, sur l'histoire d'amour entre Luke et Lorelai, sur Rory, Dean, ou bien sur Emily, Richard, Paris, Sookie et tous les autres. Mais ce n’est ni l’endroit, ni le moment. Peut-être une autre fois.
 
   
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  Quo vadis Lauren?  
     
  J’aimerais avoir une boule de cristal pour y lire l'avenir, celui de Lauren, peut-être le fond d’une tasse de café suffirait-il.

Malgré tout l'optimisme et l'admiration que j’ai pour elle, je suis sceptique. Je viens de lire qu'on a récemment résilié le contrat de modèle de Sarah Jessica Parker, la célèbre star et productrice de la série "Sex and the City". On l'a remplacée par une fille de dix-sept ans.

La jeunesse est un des facteurs les plus déterminants dans l’univers de la télévision américaine où n’y est acceptée qu’une poignée privilégiée d’actrices d’âge mûr. On peut débattre longtemps de cette conception unidimensionnelle de la beauté, mais le fait est qu’on ne peut rien y changer.

Après avoir joué longtemps dans la même série, beaucoup d’actrices se retrouvent au chômage. Les producteurs craignent qu’on ne les ait assez vues. Au mieux, elles se font encarcanner dans un rôle type. De combien de Lorelai avons-nous besoin encore ? Peut-être plus aucune. Mais de Lauren en quantité, j’en suis convaincue.

Elle rêve d'avoir plus de temps. Le temps de fonder une famille, le temps pour de nouvelles histoires, de nouveaux projets, le temps de mener une vie normale, quoi que cela puisse être. Et le temps pour des chevaux .

 
 
Bild bei Klick vergrößern   Mais une chose est sûre, c'est qu'avec son interprétation de Lorelai Gilmore elle s'est érigé un monument. Elle sera unie pour toujours à ce rôle, à cette femme aux yeux bleus et aux cheveux foncés, animée de gestes furieux et d’un sourire à faire fondre.
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  Merci beaucoup Joachim et Lissa pour la traduction.

Contact: koile@lauren-graham-biografie.de
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